Œuvre conjointe des architectes Fernand Pouillon et René Egger dans le cadre de la reconstruction d’après-guerre, le Building Canebière est aujourd’hui labellisé Patrimoine du XXèmesiècle.

Édifié au cœur de ce qui fût dans toute la première moitié du siècle dernier l’avenue fastueuse de la ville, cet immeuble de dix étages, livré en 1952, contient toutes les qualités architecturales caractéristiques de Fernand Pouillon, tant sans ses recherches de lumières naturelles, de rentabilité d’espace et de qualité au service des usagers. Prévu pour accueillir logements, bureaux, galerie commerciale et parkings, il est construit en béton armé selon une trame horizontale régulière. Visuellement, la séparation est très nette entre le rez-de-chaussée en béton, l’entresol couvert de bardages métalliques rivetés, les étages rythmés par des brise-soleil verticaux et l’attique en gradins. Les mouvements verticaux s’articulent autour d’un noyau circulaire abritant l’ascenseur et les escaliers aux marches démesurées et éclairés naturellement par des parties de murs en brique de verre. Partiellement abandonné au début du millénaire, les rénovations de 2018 ont rendu splendeur à ce bâtiment prestigieux.

Fernand Pouillon

Architecte et urbaniste français, Fernand Pouillon (1912 – 1986), fut l’un des grands bâtisseurs de l’après-guerre. Précurseur du concept de développement durable, il prendra soin sur chacun de ses chantiers, de faire appel à l’artisanat local, il collabore avec des artistes sculpteurs, des céramistes et des paysagistes. Dans les années 1945, il participe à la reconstruction du Vieux-Port de Marseille et construit de nombreux immeubles du quai du Port de la Cité phocéenne dont un est classé Monument Historique.

René Egger

Architecte français, René Egger (1915 – 2016) est connu comme l’un des bâtisseurs de Marseille. Dans la période de la Reconstruction après-guerre, aux côtés de Fernand Pouillon, il fonde d’emblématiques édifices tels que l’hôpital Nord et la faculté de médecine de la Timone. Architecte discret sous l’aile de Gaston Defferre, son trait de crayon n’en a pas moins bouleversé la cité phocéenne. Héritier direct des modernistes, Egger fit du béton son matériau de prédilection et signa la plupart de ses ouvrages par des brises-soleil, venant tamiser le chaleureux soleil du Sud.

En retrait, au calme sur cour à l’Ouest, se découvre une pièce d’eau épurée à la douche enveloppante et une chambre à la lumière douce propice à la détente.

Au niveau supérieur, surplombant le séjour de manière théâtrale avec sa grande bibliothèque sur-mesure : un vaste espace modulaire ouvert, aujourd’hui espace bureau, dégageant sur une salle de bain en verrière sobre et élégante avec sa baignoire pattes de lion et son miroir vénitien.

Une chambre parentale avec un vaste dressing vient compléter ce niveau.

Pour plus de praticité, un vaste dressing vient compléter ce niveau.

Une cave vient compléter ce sans faute architectural.

Jean Bernard Charavel

Cet immeuble est l’œuvre de Jean Bernard CHARAVEL. Né à Marseille en 1884, formé à l’École des Beaux-Arts de Paris, il obtient son diplôme d’architecte en 1913 et exerce à Paris puis à Neuilly-sur-Seine, où il meurt en 1957. Représentant de l’Art déco et du Mouvement moderne, il travaille notamment avec les architectes Robert Enault et Marcel Melendès. On lui doit le Palais des Pins à Cannes (1928), le Conservatoire de Saint-Quentin (1929) et l’ancien cinéma Pathé-Natan à Paris (1931).

Niché au pied du square Carpeaux, dans le quartier populaire des Grandes-Carrières, l’édifice s’élève sur neuf étages et incarne avec discrétion l’esprit Art déco des années 1920. Élevé en 1925, il déploie une façade rythmée de bow-windows en encorbellement et de larges verrières, jeu de volumes et de géométrie caractéristique de cette décennie où Paris réinventait son habitat. Voisin des grands ensembles sociaux de la fondation Weill, il s’en distingue pourtant par son écriture propre, plus intimiste, presque sculpturale, en écho au quartier qui doit son nom au sculpteur Jean-Baptiste Carpeaux.

Depuis 1985, Maurice Padovani exerce comme architecte d’intérieur à Marseille, où il a construit une pratique qui traverse aussi bien la sphère professionnelle que le monde privé. Il a longtemps conçu des espaces pour des bureaux, des restaurants et des commerces, avant d’élargir son travail aux appartements et maisons particulières.

Interrogé sur ses matériaux de prédilection, il se refuse à en désigner un seul : s’il a une affection particulière pour le béton et le bois de cèdre, il considère que chaque matériau trouve sa place selon l’effet qu’il produit dans l’espace.

Maurice Padovani

Marseillais, Maurice Padovani situe l’origine de sa sensibilité architecturale dans une visite d’enfance à l’Unité d’habitation de Le Corbusier — un souvenir qui, dit-il, a inconsciemment marqué son rapport à l’espace bien avant qu’il n’en fasse son métier. Il a d’abord passé près de dix ans dans l’Éducation nationale, un parcours assez éloigné du design, avant de bifurquer : une envie de créer une ligne de mobilier avec un ami, puis une commande inattendue pour concevoir une boutique en franchise, ont constitué son véritable point d’entrée dans l’aménagement d’espace. Depuis, il n’a plus quitté ce domaine.

Il dirige aujourd’hui son agence d’architecture intérieure à Marseille, où il continue à accompagner aussi bien des particuliers que des professionnels dans leurs projets d’aménagement.

En contrebas, le jardin conçu par Jean Mus compose une véritable scène méditerranéenne. Orangers, pins centenaires, potager discret et terrain de pétanque dessinent un paysage structuré, entre végétation maîtrisée et espaces de vie. L’espace piscine prolonge cette sensation : cuisine d’été, tonnelle bioclimatique, terrasses… autant de lieux pensés pour habiter l’extérieur avec évidence.

Une maison annexe de 60 m² avec garage et accès privatif, actuellement occupée par une gardienne et une dépendance de 40 m² complètent ce bien d’exception.

Une adresse précieuse, où chaque instant épouse la beauté du lieu, entre héritage Art Déco et douceur de vivre méditerranéenne.

Une adresse précieuse, où chaque instant épouse la beauté du lieu, entre héritage Art Déco et douceur de vivre méditerranéenne.

Dans le prolongement, la suite parentale s’ouvre sur une vue arborée aux tonalités bleutées, comme suspendue entre ciel et végétation.

À l’opposé, prolongeant l’écriture épurée de la maison, l’espace nuit accueille trois grandes chambres, chacune bénéficiant d’un accès direct au jardin opposé. Elles partagent une salle de bain entièrement blanche.

Les menuiseries en chênes reprennent les ouvertures à la française d’origine et permettent grâce à leur 4 vantaux à recouvrement et leur châssis à soufflet de supprimer au maximum la frontière intérieur / extérieur.

L’entrée dégagement, éclairée par les pavés de verre de la cage d’escalier, dessert 3 chambres lumineuses dont une a conservé un cabinet de toilette dans un des nombreux placards intégrés.

Elles se partagent une salle d’eau contemporaine. La capacité d’accueil est augmentée au rez de chaussée de la villa par une 4ème chambre indépendante avec salle d’eau privative.

Un garage complète l’aspect pratique de cet appartement entièrement rénové.

Pierre Marmouget

Né en 1923, Pierre Marmouget entre à l’école d’architecture de Bordeaux en décembre 1942.

Élève de Pierre Ferret, le père de Claude Ferret, l’architecte en chef choisi pour la Reconstruction de Royan, il reçoit à Bordeaux une formation classique dispensé par ce maître, adepte de l’Art Nouveau au début du XXe siècle.
Jeune prodige et protégé de Claude Ferret, il signe certaines des plus étonnantes réalisations des années 1950 : Villa Boomerang, villa Grille-Pain, place du Docteur Gantier, le Palais des Congrès, le Casino…

Son travail est largement marqué par les influences de l’architecture brésilienne d’Oscar Niemeyer ou de Lucio Costa. Un style qui s’affine, qui s’affirme vers toujours plus de courbes, plus de couleurs pour un plan devenu organique. Cette référence se remarque également, naturellement, sur les façades des édifices qu’il a dessiné pour Claude Ferret : le Palais des Congrès et surtout le Casino Municipal qui reste sans aucun doute le chef-d’œuvre de son passage à Royan.

Empruntant nombre des effets à l’architecture brésilienne, il réussit néanmoins à créer son propre langage architectural utilisant les techniques les plus originales pour jouer avec la lumière et le soleil de la Charente-Maritime.

Cette maison résume à elle seule l’équilibre que l’architecte cherchera toute sa carrière : des volumes francs et une implantation pensée pour le site, qu’il s’agisse d’une résidence privée, d’un équipement public comme la piscine de Casteljaloux, ou d’un projet à plus grande échelle.

Edgard Broutet continue ainsi de travailler sur des programmes variés, des lotissements aux écoles, jusqu’aux bâtiments industriels tels que les chais de Hennessy.

Côté patrimoine, il restaure et met en valeur l’architecture historique, comme pour le prieuré Saint-Léger de Cognac.

Edgar Broutet

Né en 1925, Edgard Broutet est un architecte cognaçais qui a exercé durant la seconde moitié du XXe siècle. Diplômé de l’École d’Architecture de Bordeaux en 1951, il se met très vite à la pratique. Avec plusieurs camarades, il est réquisitionné par son professeur Claude Ferret, alors directeur de l’École d’Architecture, pour participer à la reconstruction post-guerre de Royan, notamment sur l’îlot 19.

Comme pour la ville de Royan, le début de sa carrière est marqué par les enseignements du Bauhaus et les fantaisies de l’architecture brésilienne. Si ses débuts sont résolument modernes, de retour dans le Cognaçais il se tourne vers une architecture plus régionaliste et vernaculaire, revendiquée contemporaine sans être moderne.

Passionné par l’Italie, influencé par ses voyages à Venise et à Florence, il tourne aussi son attention vers le patrimoine, avec une véritable sensibilité envers le travail de ses prédécesseurs.

À la retraite depuis 15 ans, Edgard Broutet aura su s’adapter tout au long de sa carrière pour suivre ses intuitions et apporter une offre architecturale aussi diverse qu’humble.

Edgard Broutet est mort en mai 2026, à l’âge de 100 ans.

L’étage est entièrement consacré à une suite parentale de très belles dimensions. Véritable appartement privé, elle accueille une salle de bains  ouverte avec baignoire intégrée face au paysage, un dressing indépendant  le tout offrant un point de vue contemplatif sur la vallée.

Le niveau inférieur réunit quatre chambres, toutes dotées de leur propre salle d’eau, un bureau, de nombreux espaces de rangement

Le jardin accompagne naturellement la topographie du terrain. En pente douce, ponctué d’oliviers centenaires et d’essences méditerranéennes, il compose un paysage vivant où chaque terrasse offre un nouveau point de vue sur cet environnement exceptionnel.

Garage, nombreux stationnements et prestations de qualité complètent cette propriété contemporaine, pensée comme un véritable refuge ouvert sur la nature.

Édifiée entre 1947 et 1952 par Charles Édouard Jeanneret dit Le Corbusier, La Cité Radieuse située dans le 8ème arrondissement de Marseille concrétise le projet d’un « village vertical » appelé « Unité d’Habitation ».

Cette cité-jardin verticale, construite sur pilotis, est inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 2016. Créative et avant-gardiste, son architecture surprenante telle un paquebot offre une multitude de jeux de lumière, de perspectives et de couleurs, se présentant comme une œuvre architecturale à part entière.

Derrière ce projet fou de 337 appartement, se cache la forte volonté du  Corbusier d’instaurer une nouvelle manière d’Habiter, permettant de vivre ensemble et de libérer les femmes.

Le Corbusier

Né le 6 octobre 1887 et décédé le 27 août 1965,
Charles-Édouard Jeanneret-Gris plus connu sous le pseudonyme Le Corbusier, est un architecte du mouvement moderne. Aux côtés notamment de Robert Mallet-Stevens et de Mies Van Der Rohe, il est un artiste complet opérant également en tant qu’urbaniste et designer. Fondateur de principes tels que le Modulor ou l’Unité d’Habitation, son œuvre comprend 17 sites – 10 en France – classés au Patrimoine mondial de l’Unesco tandis que de nombreuses de ses réalisations sont classées Monuments Historiques.

Parmi ses œuvres emblématiques on compte La Cité Radieuse à Marseille, La Villa Savoye à Poissy, la ville de Chandigarh en Inde et la chapelle Notre-Dame-du-Haut à Ronchamp. Il signe également des pièces de mobilier phares tels que le fauteuil LC2 et la lounge chair LC4.

Le niveau inférieur accueille une chambre intimiste organisée autour de son patio privatif. Elle dispose d’un espace bureau complémentaire ainsi que d’une salle de bains agrémentée d’un sauna.

Une salle de cinéma et de jeux, une chaufferie, une réserve ainsi qu’une lingerie viennent compléter ce niveau.

Côté stationnement, un garage de 46 m² et plusieurs places de parking extérieures accompagnent ce bien rare.

Leopold Cuomo

Architecte marseillais actif depuis la fin des années 1970, Léopold Cuomo développe une écriture moderniste singulière, nourrie notamment par plusieurs années passées aux États-Unis.

Géométrique et sculpturale, son architecture joue avec l’imbrication des volumes, les lignes angulaires et les changements de niveaux. À Martigues, la maison qu’il dessine en 1978 et achève en 1982 en offre une expression particulièrement manifeste : une architecture radicale et graphique, emblématique du tournant des années 1980.

Projet de l’architecte Fernand Pouillon dans le cadre de la reconstruction d’après-guerre, les immeubles 42-66 Quai du Port à Marseille sont aujourd’hui inscrits au titre des Monuments Historiques.

Érigés sur deux rangs et achevés en 1954, les bâtiments présentent une unité architecturale évidente. Leur architecture, d’une géométrique simpliste, est rythmée par une façade alternant loggias aux claustras en terre cuite, appareillages lisse de pierre, et plafonds caissonnés.

Ceux situés en front de mer abritent en rez-de-chaussée une galerie couverte sous arcades, accueillant commerces, bars et restaurants, face au Vieux- Port.

Encadrant l’Hôtel de Ville, ces immeubles sont devenus de grandes personnalités du Vieux-Port.

Fernand Pouillon

Né en 1912 et mort en 1986, l’architecte et urbaniste français Fernand Pouillon fut l’un des grands bâtisseurs de l’après-guerre. Précurseur du concept de développement durable, il prendra soin sur chacun de ses chantiers, de faire appel à l’artisanat local, il collabore avec des artistes sculpteurs, des céramistes et des paysagistes. Ses réalisations se parent de matériaux durables et ont le souci de respecter le paysage naturel. Dans les années 1945, il participe à la reconstruction du Vieux-Port de Marseille et construit de nombreux immeubles du quai du Port de la Cité phocéenne dont un est classée Monument Historique. On compte 38 de ses réalisations labellisées Patrimoine du XXe siècle – 18 en Provence-Alpes-Côte d’Azur. Contraint de s’exiler pour les dernières années de sa carrière, il œuvre sur de nombreux projets en Algérie notamment des projets hôteliers et touristiques.