La résidence Île-de-France, signée par Fernand Boukobza, s’inscrit dans une écriture moderniste rigoureuse où la composition de façade devient le véritable langage du projet.

Le bâtiment développe une trame régulière, presque orthogonale, où les pleins et les vides s’équilibrent avec précision. Les lignes horizontales dominent, étirant la façade et accentuant l’effet de longueur, tandis que les ouvertures répétitives instaurent un rythme sériel très maîtrisé. Les balcons, intégrés dans cette grille, participent à une légère vibration du plan sans jamais rompre l’ordre général.

Le travail sur la lumière est central : les percements sont pensés pour capter au maximum l’ensoleillement, créant une façade vivante au fil de la journée. La matérialité reste sobre — enduit clair, éléments béton — laissant la structure et la composition parler d’elles-mêmes.

On retrouve déjà dans ce projet les prémices d’une architecture plus expressive que Boukobza développera ensuite : une tension entre rationalité constructive et recherche d’un certain mouvement, presque discret, inscrit dans la répétition.

Fernand Boukobza

Né en 1926 en Algérie et mort en 2012 à Marseille, Fernand Boukobza est un architecte sensible à la modernité américaine. Il s’inspire des expérimentations de Richard Neutra, Frank Lloyd Wright et Marcel Breuer, mais aussi de Le Corbusier et de ses œuvres en béton.

Dans son architecture, il appréhende les courbes concaves et transforme des éléments fonctionnels en véritables objet sculpturaux, tels que les escaliers du Brasilia. Parmi ses réalisations, on compte les maisons jumelles du Parc Talabot, l’unité d’habitation Le Brasilia, tous deux labellisés Patrimoine du XXème siècle. Au côté de Pierre Jameux, Pierre Mathoulin et Pierre Meillassoux, il participera également à la construction de la fameuse cité de La Castellane.

Comme une succession de surprises, se découvre au niveau supérieur une pièce de vie baignée de lumière car ouverte d’Est en Ouest grâce à ses larges baies vitrées sur mesures encadrées de mélèze d’Autriche transperçant de part et d’autre les façades comme de véritables tableaux sur la nature reposante du jardin et sur l’architecture stimulante de la maison. En point d’orgue, la cheminée rotative Focus, véritable pièce maîtresse, promet des instants chaleureux au coin du feu.

À l’étage, la suite parentale aux belles proportions et à la salle d’eau intimiste rehaussée de mosaïque noir brillant, sobre et élégante est aérée, ouverte à l’ouest et propice à la détente. Un espace bureau modulaire vient parfaire ce niveau.

En retrait de l’espace de vie, au calme, se retrouvent deux belles chambres ouvertes sur le jardin paysagé à l’Ouest avec leur dressing et leur salle de bain à la mosaïque jaune dynamisante.

Enfin, comble de la praticité, cette maison familiale dispose d’un vaste espace de stockage et d’une buanderie.

Jacques Moussafir

Jacques MOUSSAFIR est un architecte français reconnu pour une approche à la fois expérimentale et sensible du projet architectural. Fondateur de l’agence Jacques MoussafirArchitectes Associés, il développe une œuvre marquée par la recherche sur la matérialité, les structures et les systèmes constructifs innovants.

Son travail se distingue par une forte dimension conceptuelle, souvent nourrie par des collaborations avec des ingénieurs et des artistes. Il explore notamment des formes complexes et des dispositifs spatiaux originaux, où la structure devient un élément expressif à part entière.

Parmi ses réalisations emblématiques figurent l’immeuble de la rue Vertbois (75003), véritable rideau de lumière au cœur du Marais ; la Maison Cubiste (75011), conçue pour une famille et implantée au sein d’une cour formant une véritable oasis urbaine à l’abri de l’agitation extérieure, ainsi que la Maison Escalier (75006), pensée comme une structure arborescente dédiée à un habitant célibataire.