TAIJI

Architecte de formation, Françoise a consacré près de vingt ans à réinventer cet ancien relais de poste à Mérignac, près de Bordeaux. Derrière son enveloppe d’origine, elle a imaginé un intérieur guidé par une attention particulière aux matériaux bruts, à la durabilité et aux détails. Et c’est par le plus heureux des hasards qu’Amanda découvre cet écrin : en achetant à Françoise des plantes via un site de relations entre particuliers ! Entre elles, le courant passe immédiatement. Une relation de confiance s’installe, nourrie par une même culture architecturale.

Aujourd’hui, alors qu’elle s’apprête à rejoindre la Croatie pour écrire un nouveau chapitre de sa vie, Françoise revient sur cette rencontre aussi inattendue qu’évidente.

Françoise, racontez-nous-votre rencontre avec Amanda.

F – La rencontre avec Amanda a été à la fois fortuite, spontanée et évidente. Elle m’a contactée pour acheter des plantes que je mettais en vente. En découvrant la maison, j’ai immédiatement senti qu’elle la comprenait. 

Elle voyait ce que, moi, j’avais cherché à créer en tant qu’architecte. Nous étions vraiment sur la même longueur d’onde. Je lui ai confié la maison à la vente presque immédiatement.

En la voyant repartir, je me suis même dit que c’était un peu fou de prendre une décision aussi vite. Mais c’était une telle évidence que tout s’est fait très naturellement.

Amanda est à la fois architecte et négociatrice. En quoi cette double expertise vous a convaincu de lui confier votre maison ?

Cela a fait toute la différence. Cette maison est très personnelle, presque une seconde peau. Je l’ai imaginée pendant près de vingt ans pour qu’elle corresponde exactement à ma manière de vivre. La confier à quelqu’un qui ne la comprendrait pas aurait été très douloureux. Dès les premières photographies, Amanda avait parfaitement saisi son identité. Les images étaient justes, sensibles, et le nom qu’elle lui a donné m’a profondément touchée. J’ai senti qu’elle comprenait autant la maison que la personne qui l’avait conçue. Sa double culture, à la fois architecturale et immobilière, m’a immédiatement mise en confiance. Nous partageons le même regard sur les lieux. Elle va rougir ! (rires)

Justement, vous avez consacré près de vingt ans à rénover cette maison. Comment avez-vous imaginé cette transformation ?

Lorsque je l’ai achetée, c’était presque une ruine. Pourtant, j’ai tout de suite vu son potentiel : son orientation, son jardin plein Sud et cette possibilité de créer une véritable maison de campagne en pleine ville. Mon travail a d’abord consisté à écouter la maison.

J’ai supprimé tout ce qui l’étouffait, tout en conservant chaque élément qui racontait son histoire, même le plus discret. Beaucoup de matériaux ont été réemployés, dans la maison ou dans le jardin.La lumière a guidé tout le projet.

Je voulais lui rendre son authenticité, retrouver la pierre qui avait été masquée et la faire respirer à nouveau. Si je devais résumer cette rénovation, je parlerais de poésie.

Cette maison est singulière. Il faut prendre le temps de la comprendre, de la raconter et de transmettre ce qui fait sont identité.

Chez ARCHIK, nous sommes très sensibles aux matériaux. Qu’est-ce qui a influencé vos choix de matériaux sur ce projet ?

Ils sont avant tout le reflet de mes convictions écologiques. Je privilégie les matériaux naturels, durables et, lorsque c’est possible, locaux. Ici, la pierre, le bois massif et les matériaux bruts s’expriment tels qu’ils sont, sans être masqués. J’aime vivre entourée de matières vivantes. Elles apportent de la lumière, de la respiration et une forme de simplicité qui correspond profondément à ma manière d’habiter.

Le jardin, lui aussi, fait partie intégrante du projet. Comment l’avez-vous pensé ?

Pour moi, le jardin est un véritable paysage, presque un décor que l’on contemple depuis la maison. Je voulais que l’on oublie la ville et que l’on ait le sentiment d’être à la campagne. J’ai aussi souhaité un jardin utile, composé de plantes aromatiques, de vignes, d’arbres fruitiers et d’un potager. Le jardin Nord, visible depuis la rue, a été imaginé comme une parenthèse de douceur, avec des floraisons blanches, puis roses, pour offrir un peu de poésie au milieu de la ville.

Confier cette maison était donc une décision importante. Qu’attendiez-vous de l’agence qui allait la transmettre ? ?

J’attendais avant tout qu’elle soit comprise et présentée avec intelligence. Les photos, le nom et le texte de présentation m’ont immédiatement rassurée. La maison était révélée dans ce qu’elle avait de meilleur. J’apprécie également que cette approche se prolonge à travers La Revue. C’est une très belle publication, exigeante dans son regard comme dans sa ligne éditoriale. On sent que les maisons y sont racontées avant d’être vendues. Bien sûr, une agence est là pour vendre un bien. Mais le faire avec respect, autant pour la maison que pour les propriétaires et les futurs acquéreurs, était essentiel à mes yeux. C’est tout à fait ce qu’il s’est passé avec ARCHIK et j’en suis ravie.

En quoi cette approche vous semble-t-elle plus juste pour transmettre une maison aussi singulière ?

Parce qu’elle permet d’attirer les bonnes personnes. J’ai déjà vécu des visites où les acquéreurs n’avaient tout simplement rien à faire ici. Ils avaient été amenés sur des critères qui ne correspondaient pas à la maison, et cela faisait perdre du temps à tout le monde. Cette maison est singulière en effet. 

On ne peut pas la présenter avec un discours standardisé. Il faut prendre le temps de la comprendre, de la raconter et de transmettre ce qui fait son identité. C’est exactement ce qu’Amanda a fait. Elle s’investit énormément, connaît la maison dans les moindres détails et accompagne chaque visite avec beaucoup d’attention.

LES 3 FÉTICHES

LA PIÈCE DE LA MAISON

Ma salle de bain, c’est assez rare d’avoir une salle de bain totalement ouverte sur le jardin avec une très grande fenêtre, c’est très agréable.

L’OBJET

SPREADS par Sabourin Costes. Cette pièce fait référence à un élément architectural essentiel de l’architecture moderne et de la construction . Je suis, dans mes travaux d’architecte, de designer et de céramiste, attachée à la recherche de l’ambiguïté des perceptions, d’un espace autant que des objets qui nous entourent.

L’ADRESSE

Le parc de Bourran à cinq minutes à pied de la maison, on y accède par un petit chemin dérobé assez intimiste, presque secret, c’est comme une extension de mon jardin.

Crédit photos – Marie Vaubourgeix