SÍTIO DE SANTO ANTÔNIO DE BICA

Son credo : infiltrer la nature dans le construit pour maintenir des espaces libres dans les villes, dans une double conscience écologique et humaniste.

Prenons cette fois-ci un peu l’air, à la découverte de jardins emblématiques, ceux de Roberto Burle Marx (1909-1994). Véritable touche à tout : peintre, plasticien, poète, jardinier, cuisinier, créateur de tapisseries et de bijoux, cet architecte paysagiste brésilien reste l’un des pionniers de la pensée moderne du XXème siècle.

Formé aux Beaux-Arts à la peinture, c’est par la nature qu’il s’exprime le plus. Vus du ciel, ses jardins apparaissent comme des tableaux végétaux, où il juxtapose et harmonise les espaces et les espèces, créant un écosystème écologique où cohabitent l’homme, les plantes, les pierres et les astres. Mondialement connu, c’est avant tout au Brésil qu’il réalise une grande partie de ses œuvres paysagères. Son credo : infiltrer la nature dans le construit pour maintenir des espaces libres dans les villes, dans une double conscience écologique et humaniste, nécessaire selon lui aux collectivités.

Si tous ses travaux gardent jalousement l’esprit de leur créateur, c’est dans son jardin privé, non loin de Copacabana, que la passion et l’histoire de ce maître s’expriment avec force. Aux antipodes de la rigueur de sa démarche lorsqu’il crée pour des clients, le Sítio de Santo Antônio da Bica est un lieu « auto biographique », tant il est habité par l’âme de Burle Marx.

Acquise en 1949, cette ancienne bananeraie de 40 hectares devient dans ses mains un véritable trésor, constitué de 3 500 espèces de plantes exotiques. Un laboratoire sensoriel entre esthétique et botanique, où Roberto Burle Marx développe ses propres pépinières, et expérimente les spécimens découverts lors de ses “collectes” de plantes dans le monde entier. Il y crée une succession de tableaux éblouissants par leur luxuriance, leur monumentalité et leur richesse de textures et de couleurs. Il y fait également reconstruire une façade en granit d’un vieil immeuble commercial de Rio de Janeiro, et compose escaliers, murs et totems qui tracent le chemin menant à l’ancienne chapelle de Saint-Antoine, édifiée à la fin du XVIIème siècle.

Tous ces espaces, sa maison, où sont restées en place ses affaires personnelles, sa très belle collection de pièces pré-colombiennes et ses propres toiles, sont autant de lieux que l’artiste nous offre à partager, puisqu’il en a fait don au gouvernement brésilien en 1985. Une œuvre d’art végétale qui nous invite à réfléchir sur la place de la flore dans nos vies citadines…

ON AIME

Les formes graphiques de ses créations
La dimension humaniste de sa démarche
Son respect de l’environnement

INFORMATIONS PRATIQUES

Crédits Photos – Dominique Haim – Leonardo Finotti – NYBG – ESB Professional et Alamy